Un trio de toxicomanes en manque d’argent pour leurs doses a écumé les boulangeries de la métropole lilloise. À chaque fois, ils ont feint la panne de voiture pour s’approcher de la caisse.
En tout, ce sont treize vols, selon la même méthode, qui sont reprochés aux trois prévenus. Entre fin avril et début juin, des boulangeries de Lille, Marcq-en-Baroeul, ou encore Lambersart sont touchées. C’est d’ailleurs l’accumulation des plaintes des petits commerçants qui débouchera sur le démarrage de l’enquête. Le trio est interpellé le 22 juin, juste après un nouveau vol.
Sur les trois prévenus, seul Naceur Khazani a participé à l’ensemble des vols. Ludivine Herbaut, la jeune femme, n’a été présente qu’à une partie d’entre eux, tout comme Khalil Beladji. Ces deux derniers, qui ont pu s’expliquer de vive voix devant le tribunal, n’ont pas fait mystère de leur motivation : la drogue. Une toxicomanie difficile à quitter. « Que je sois en prison ou que je sois dehors, de toute façon, je me drogue », pose, lucide et amère, la jeune femme, avant de dévoiler une impressionnante liste de médicaments qui lui sont prescrits en détention.
Le procureur Cocquio, lui aussi, insiste sur « le besoin de stupéfiants », mais l’explication ne lui suffit pas. Il requiert entre 6 et 10 mois ferme. Me Norbert Clément, pour la défense de Khalil Beladji, insiste sur la courte période de prévention, estimant les réquisitions « d’une hauteur inattendue ». Me Séverine Decaux, pour la défense de la jeune femme et de l’expulsé d’audience, souligne également la prégnance de la toxicomanie. « Ils en étaient à 5 grammes d’héroïne par jour ! ».
Ils ont été condamnés à des peines allant de 1 an à 6 mois de prison ferme, en plus des révocations de sursis.