dimanche 16 mars 2008

Neuf ans de prison requis pour un infanticide

Il s'appelait Sébastien. Agé de trois ans et demi, cet enfant a été égorgé par son père en octobre 2004 dans les toilettes d'un centre commercial, à Fribourg. Ce dernier avait également tenté de se suicider (LT du 12.03.2008). En conflit avec son épouse - dont il vivait séparé - au sujet de l'extension de son droit de visite, il explique son geste par la panique et le désespoir.

L'homme, un Fribourgeois de 46 ans, a comparu mercredi devant le Tribunal pénal de la Sarine. Petit, sec, oscillant nerveusement sur sa chaise, il ne semble pas entièrement mesurer le poids des accusations qui pèsent sur lui. Au contraire, durant une majeure partie de l'audition, il se présentera en victime.

«Je ne suis pas un type méchant. J'ai agi par désespoir et non par vengeance, colère ou méchanceté. Sur le moment, je ne savais plus ce que je faisais. Ma peine, c'est que j'ai survécu», affirme-t-il.

Le prévenu vivait une relation apparemment chaotique avec la mère de Sébastien, une Péruvienne qui l'a suivi en Suisse après leur mariage. Très rapidement, la relation se dégrade. Le mari est bientôt condamné à trois mois avec sursis, notamment pour lésions corporelles sur sa compagne. Séparé, le couple continue pourtant à avoir des relations sexuelles régulières. La femme expliquera qu'elle cédait à ses avances car elle avait peur de lui, et craignait pour la vie de ses enfants. A l'instigation d'une collaboratrice du centre Lavi de Fribourg, elle portera finalement plainte, l'accusant de viol et de contrainte sexuelle.

Désormais divorcée de l'accusé, elle a témoigné derrière un paravent, car elle ne souhaitait pas avoir un contact visuel avec lui. En termes simples, dignes et choisis, elle exprime son énorme souffrance, ses cauchemars, ces images de son fils ensanglanté qui la pourchassent. Elle craint pour la sécurité de sa fille aînée, issue d'un précédent lit. Moins pour elle-même: «Cela fait des années qu'il me répète que je resterai toute seule à mordre le sable.»

Prévenu de meurtre, l'homme, qui vit en détention préventive depuis trois ans et demi, accepte ce chef d'accusation. En revanche, il conteste formellement avoir violé ou contraint son ex-femme à des actes sexuels. «Elle était consentante», dit-il.

Le ministère public requiert neuf ans de prison pour meurtre, en tenant compte d'une responsabilité diminuée de moitié. La partie civile demande de 18 à 20 ans de prison, ou un internement dans un établissement spécialisé. La défense, elle, veut une condamnation pour meurtre, mais sans être assortie d'une peine. L'accusation de viol n'a pas été retenue. Le jugement sera prononcé vendredi.

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Criminologie l'actualite criminelle © Layout By Hugo Meira.

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