lundi 17 mars 2008

"Bébés congelés de Séoul" : Véronique Courjault est renvoyée seule aux assises

" Après dix-huit mois d'instruction, la juge Marie-Dominique Boulard-Paolini, chargée de l'affaire dite des "bébés congelés", a renvoyé Véronique Courjault devant la cour d'assises d'Indre-et-Loire, mercredi 12 mars.
Mise en examen et écrouée depuis octobre 2006 pour "assassinats", Mme Courjault est accusée d'avoir tué, avec préméditation, trois de ses nouveau-nés. Conformément aux réquisitions du procureur de Tours, la juge a cependant ordonné un non-lieu pour son époux, Jean-Louis.

L'affaire avait commencé en juillet 2006, quand M. Courjault, ingénieur expatrié à Séoul, en Corée du Sud, avec son épouse et ses deux enfants - aujourd'hui âgés de 12 et 13 ans - avait averti la police coréenne après la découverte dans le congélateur de sa maison de deux nouveau-nés morts. Une information judiciaire avait alors été ouverte.

NOURRISSONS ÉTRANGLÉS

Après avoir d'abord nié les faits, à l'automne 2006, Mme Courjault a finalement reconnu être l'auteur de trois infanticides. Le premier aurait eu lieu en 1999 quand le couple résidait en Charente-Maritime. Après avoir accouché, Mme Courjault aurait étranglé le bébé avant de le brûler dans la cheminée.

Les deux autres infanticides auraient eu lieu à Séoul, en septembre 2002 et décembre 2003. Dans les deux cas, Mme Courjault aurait étranglé les nourrissons à la naissance, puis les aurait emballés dans des sacs en plastique avant de les placer dans son congélateur.

M. Courjault a toujours nié être au courant des grossesses de sa femme. Mais dans un premier temps, ses dénégations n'avaient pas convaincu et il avait été mis en examen pour "complicité" et placé sous contrôle judiciaire. Les deux époux avaient interdiction de se voir et ne pouvaient communiquer que par courrier.

L'enquête aurait démontré qu'il était possible que M. Courjault n'ait rien décelé des grossesses de son épouse. L'embonpoint de celle-ci et leur intimité distendue auraient contribué à cette situation. C'est la raison pour laquelle le procureur a requis le non-lieu, suivi par la juge d'instruction.

Le parquet général a néanmoins dix jours pour faire appel de cette décision. Il pourrait considérer que ce n'est pas à l'instruction, mais à la cour d'assises, composée de jurés, de décider ou non de l'innocence de M. Courjault.

Une incertitude qui inquiète les avocats des deux époux. "La parole de ma cliente sera beaucoup plus libre si elle sait que son époux ne risque rien", plaide Me Hélène Delhommais. Depuis un an et demi qu'elle est incarcérée, c'est en effet M. Courjault qui s'occupe des deux enfants du couple.

De nombreux médecins et psychologues spécialistes des problèmes de grossesses cachées dénoncent le traitement judiciaire qui s'applique aux mères infanticides. Selon le code pénal, Mme Courjault encourt la réclusion criminelle à perpétuité. "

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Criminologie l'actualite criminelle © Layout By Hugo Meira.

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