Délit de mauvaise foi
Le prévenu reconnaît les faits en garde à vue mais devant le tribunal, il préfère changer de version et fait preuve d’une mauvaise foi maladroite qui va particulièrement agacer les magistrats.
Les faits n’ont rien d’exceptionnel : tentative de vol. C’est grave, certes, mais tous les jours, les présidents des différentes salles d’audience du tribunal de grande instance de Lille ont l’occasion d’évoquer des faits bien plus importants. Envoyé derrière les barreaux pour huit mois, Hacène Hannoun aurait pu mieux se comporter devant les juges. Ambiance.
Notre histoire remonte au 7 juin dernier. Nous sommes à Lille. Le prévenu a bu : le rapport de police note un taux de 1,74 g d’alcool par litre de sang.
Quand une jeune fille croise son chemin, portable à l’oreille, il tente de lui subtiliser l’appareil. La demoiselle résiste et une patrouille de police, qui passait par hasard, interpelle notre homme. Il est placé en garde à vue où il avoue les faits.
Hier, à l’audience, Hacène Hannoun décide de revenir sur sa version. Mais ce qu’il décide surtout, c’est de le faire savoir. « Je me rétracte » , lance-t-il alors que la présidente Laborde n’a pas fini de lire la première phrase du dossier.
Après avoir été interrompue plusieurs fois, la magistrate laisse la parole au prévenu après lui avoir demandé : « Alors, comment cette agression s’est-elle passée selon vous ? » Le prévenu s’étonne : « Une agression ? Quelle agression ? Ce n’est pas du tout ça. Je venais d’être interpellé par la police. Comme j’étais alcoolisé, ils m’ont mis une claque et m’ont laissé repartir. Je me sentais perdu. Alors, j’ai voulu emprunter un téléphone pour appeler mes parents. » Hacène Hannoun reprend son souffle pour mieux poursuivre : « J’avais besoin de téléphoner, vous comprenez ? » Comme la procureure Quey et la présidente Laborde n’acquiescent pas vraiment, il se justifie : « Ben oui, sinon qu’est-ce qui aurait pu m’arriver ? On m’aurait agressé comme souvent, je me serais fait taper ou, pire, écraser par une voiture. Qu’est-ce que vous auriez fait à ma place ? Moi, j’étais pas dans mon bien-être. »
Il décide de quitter la salle
Hacène Hannoun tente maladroitement de stimuler les canaux lacrymaux de la procureure. Mais pour le coup, ce sont plutôt les zygomatiques de la magistrate qui sont chatouillés. À peine a-t-elle commencé ses réquisitions que le prévenu l’interrompt. Hacène Hannoun finit par se lever et tente de quitter le box des prévenus pour rejoindre sa cellule. « Ce n’est pas à vous de décider quand vous partez », s’énerve la procureure avant que la présidente soupire : « C’est bon, laissez-le y aller. » En défense, l’avocate a bien du mal à rattraper les maladresses de son client. Lors du délibéré, le prévenu a préféré rester en cellule. « Ça nous évitera un nouvel outrage », se félicite le parquet. Jugement : huit mois de prison ferme, avec mandat de dépôt. Hacène Hannoun reste derrière les barreaux.
Les faits n’ont rien d’exceptionnel : tentative de vol. C’est grave, certes, mais tous les jours, les présidents des différentes salles d’audience du tribunal de grande instance de Lille ont l’occasion d’évoquer des faits bien plus importants. Envoyé derrière les barreaux pour huit mois, Hacène Hannoun aurait pu mieux se comporter devant les juges. Ambiance.
Notre histoire remonte au 7 juin dernier. Nous sommes à Lille. Le prévenu a bu : le rapport de police note un taux de 1,74 g d’alcool par litre de sang.
Quand une jeune fille croise son chemin, portable à l’oreille, il tente de lui subtiliser l’appareil. La demoiselle résiste et une patrouille de police, qui passait par hasard, interpelle notre homme. Il est placé en garde à vue où il avoue les faits.
Hier, à l’audience, Hacène Hannoun décide de revenir sur sa version. Mais ce qu’il décide surtout, c’est de le faire savoir. « Je me rétracte » , lance-t-il alors que la présidente Laborde n’a pas fini de lire la première phrase du dossier.
Après avoir été interrompue plusieurs fois, la magistrate laisse la parole au prévenu après lui avoir demandé : « Alors, comment cette agression s’est-elle passée selon vous ? » Le prévenu s’étonne : « Une agression ? Quelle agression ? Ce n’est pas du tout ça. Je venais d’être interpellé par la police. Comme j’étais alcoolisé, ils m’ont mis une claque et m’ont laissé repartir. Je me sentais perdu. Alors, j’ai voulu emprunter un téléphone pour appeler mes parents. » Hacène Hannoun reprend son souffle pour mieux poursuivre : « J’avais besoin de téléphoner, vous comprenez ? » Comme la procureure Quey et la présidente Laborde n’acquiescent pas vraiment, il se justifie : « Ben oui, sinon qu’est-ce qui aurait pu m’arriver ? On m’aurait agressé comme souvent, je me serais fait taper ou, pire, écraser par une voiture. Qu’est-ce que vous auriez fait à ma place ? Moi, j’étais pas dans mon bien-être. »
Il décide de quitter la salle
Hacène Hannoun tente maladroitement de stimuler les canaux lacrymaux de la procureure. Mais pour le coup, ce sont plutôt les zygomatiques de la magistrate qui sont chatouillés. À peine a-t-elle commencé ses réquisitions que le prévenu l’interrompt. Hacène Hannoun finit par se lever et tente de quitter le box des prévenus pour rejoindre sa cellule. « Ce n’est pas à vous de décider quand vous partez », s’énerve la procureure avant que la présidente soupire : « C’est bon, laissez-le y aller. » En défense, l’avocate a bien du mal à rattraper les maladresses de son client. Lors du délibéré, le prévenu a préféré rester en cellule. « Ça nous évitera un nouvel outrage », se félicite le parquet. Jugement : huit mois de prison ferme, avec mandat de dépôt. Hacène Hannoun reste derrière les barreaux.











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